Le pouvoir des mots

thumbnail_classroom-1699745__340

Il ne m’arrive pas souvent d’avoir des présentations orales à l’université, mais ça arrive. J’en ai une qui arrive prochainement et ceci me fait donc penser à une histoire que j’ai pensé vous raconter…

Donc, il était une fois, une étudiante en soins infirmiers, 3e année et qui était rendue à son 4e cours de Français, Français Communication scientifique ou une niaiserie du genre. En général, je réussis bien ces cours-là, mais celui-là guys…La moyenne de classe échouait même. Je travaillais les weekend dans un hôpital de m***** et j’étais étudiante à temps plein avec 3 jours de stage par semaine. Genre, on est en 3e année, proche de la fin, on peut-tu arrêter le niaisage? Non, madame la prof prenait son cours de Français très au sérieux.

So anyway, je suis prise par mes évaluations de stage, mes collectes à remettes, des examens  théoriques et un gros crime de nul exposé oral dans mon adorable cours de Français. Alors, est arrivé ce qui ne m’arrive pas souvent, j’ai manqué mon coup. Je ne me suis pas très bien préparé pour cet exposé qui était pleins de données scientifiques que je n’ai évidemment pas apprises par cœur. Mes priorités étaient ailleurs.

Le jour J, ma nervosité étain telle que celui qui attend sa sentence. Le manque de préparation me paralysait, pourtant ma devise a toujours était “be extra prepared, connaître la matière du bout de ses doigts. C’est le moyen qui m’aide à contrer ce stress immense, cette phobie même. Malheureusement, pas ce jour-la. J’ai le droit de ne pas être parfaite des fois. Je lisais carrément mes notes lors de mon exposé. En passant, l’enseignante connaissait très bien ma situation de “handicap”. L’exposé durait une quinzaine de minutes. Je bafouillais donc, jusqu’à que cette merveilleuse créature qu’est mon enseignante m’interrompe abruptement, m’ordonne de déposer mes notes et de poursuivre mon exposé, car je ne pouvais continuer de juste lire mes notes, dit-elle. Je continuai donc, encore plus paralysée que je ne l’étais. Guys, ce n’était pas 20 mais environ 80 têtes de blonds aux yeux bleus qui me fixaient. L’enseignante connaissait très bien mon malaise des exposés oraux et l’effort que ça me demande. Vous imaginez l’humiliation. J’étais anéantie.

J’ai appris tôt dans la vie que les gens profitent de tes faiblesses, de tes peurs et de ton manque de confiance en toi. Ils les utiliseront contre toi. Et c’est ce qui m’est arrivée car j’ai baissé les gardes. Moi, la double discriminée, je n’ai pas le droit à l’erreur. Cette prof-là, je l’ai haï longtemps, elle et le français. But I got over it cause that’s what we do.  Aujourd’hui, je ne me souviens plus de son nom. I guess que c’est bon signe.

2 ans plus tard, je fais mon entrée universitaire. Je me retrouve dans un cours complémentaire avec un exposé oral. Je l’annule tout de suite. Je me retrouve dans un autre cours, obligatoire, avec un exposé oral aussi. J’ai plus le choix. J’ai vraiment paniqué. Je change-tu de programme? Ou d’université peut-être? Pas possible non plus. À ce point-là guys. J’ai comme développé une phobie des autres. Dernière solution, je décide d’en parler à l’enseignante. Pour la première fois de ma vie, je me sers de ma surdité comme excuse même si cela n’a aucun rapport. À ma grande surprise, elle est très compréhensive et me laisse faire l’exposé uniquement devant elle, après le cours. Ouf, quel gros soulagement. Je prépare donc mon exposé avec plus d’assurance, sachant que je n’aurais pas ce stress de ces paires d’yeux qui me fixeront. Pour une fois dans ma vie que je peux tirer avantage de ma situation.

Le jour de mon exposé, j’attends sagement de passer mon tour une fois que tout le monde soit parti. C’est une longue présentation. Lorsque je finis de discourir, ma prof reste silencieuse. Je me dis que ça y’est, j’ai encore foiré. D’une petite voix, je demande avec angoisse: “Pis?”. On croirait une petite fille de 9 ans. Elle écarquille ses yeux avec une expression de surprise et me réponds: “Mais quelle compétence, quel talent!”. Guys, j’avais le sourire tendu jusqu’aux oreilles. On dirait un enfant à qui on vient de donner un bonbon. J’en croyais pas mes oreilles! Elle m’encouragea donc à donner mes présentations devant la classe pour les prochaines fois, car selon elle, il serait dommage que les autres n’en profitent pas.

Il a suffi de cette situation pour renverser la vapeur et reprendre la route de mon épanouissement personnelle car c’a été une méchant long frein. Ça me prends juste un peu de soleil pou mieux fleurir.

Juste pour vous dire, soyez indulgent envers les autres. Des expériences humiliantes, j’en ai eu. Je devrais même en faire une série peut-être. Malgré ça, cela ne fait que renforcer ma volonté de toujours faire du bien autour de moi et d’être compatissante. C’est ce qu’on m’a enseigné. Ces humiliations-là finissent par se cicatriser.

Votre parole est votre outil le plus puissant, utilisez-là donc sagement. Par un simple mot, vous pouvez libérer quelqu’un ou au contraire, vous pouvez l’emprisonner.

Peace.

 

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s